
Opinion
La gauche a perdu la tête ? Abbas et Segalovitz deviennent "le nouveau récit israélien"
Opinion : Un panneau à Tel-Aviv présente le partenariat entre Abbas et Segalovitz comme "le nouveau récit israélien", accompagné d'un slogan arabe signifiant "Ensemble, nous changerons". Après le 7 octobre, cette présentation festive appelle la critique et des questions exigeantes sur la sécurité, la souveraineté, le respect de la loi et le caractère juif de l'État.
· Photo : Documents transmis à la rédaction
Une scène aberrante au cœur de Tel-Aviv : un panneau glorifie le partenariat entre les deux hommes, accompagné du slogan arabe "Ensemble, nous changerons". La prétention de réécrire pour nous tous le récit israélien atteint des sommets.
Il faut le voir pour le croire. Au-dessus d'une rue de Tel-Aviv, un panneau présente Mansour Abbas et Yoav Segalovitz sous le titre "Le nouveau récit israélien". En dessous figure la promesse en arabe : "معا نغير", ensemble, nous changerons. Après le 7 octobre, comment ose-t-on glorifier le partenariat avec Ra'am, dont les racines plongent dans le Mouvement islamique et le courant des Frères musulmans, et le couronner "nouveau récit israélien" ? La mémoire collective n'est pas un espace publicitaire que l'on peut recouvrir de slogans.
L'enthousiasme de la gauche pour cette alliance atteint l'absurde. Un partenariat politique reçoit un emballage festif, et le panneau le proclame déjà prochain récit national. Quel mépris pour tout un public, censé admirer les sourires et avaler le slogan.
"Ensemble, nous changerons" ? Qu'ils précisent exactement quoi. Quels sont les accords sur la sécurité, la souveraineté, le respect de la loi et le caractère juif de l'État ? Quels compromis se cachent derrière cette promesse générale ? Le public mérite des réponses avant qu'on lui vende une vision grande comme un immeuble.
Pour les partisans de ce partenariat à gauche, il s'agit peut-être d'une image de victoire. Vu de droite, c'est un exercice de communication déconnecté : prendre une alliance politique controversée et la présenter comme l'avenir évident d'Israël.
Le récit israélien appartient au public. L'arrogance qui consiste à couronner une alliance politique "nouveau récit israélien" mérite une critique sévère, même quand elle s'affiche en lettres géantes au milieu de Tel-Aviv.



